SECONDA mini-festival de poésie-performance les 25-26-27 janvier 2019

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En cours

jeudi 7 septembre 2017 § Commentaires fermés sur En cours § permalink

Je poursuis sur ce blog l’écriture d’un texte poétique sur l’anatomie des sens, de poèmes phonétiques destinés à la performance, de poésies numériques et transmédias, d’une série de textes sur les néotopies et de quatrains inspirés de la poésie chinoise Tang et rédigés au fil du quotidien. Voir les catégories du menu de gauche pour les travaux plus anciens.

Lasagne

mardi 1 janvier 2019 § Commentaires fermés sur Lasagne § permalink

le labeur de creuser
soulagé par un aide amical
trente centimètres de profondeur

marqueterie de bois pourris
disposés sans effort
ensuite feuilles de tilleul

enduites de leur gras humus
ajout d'herbe coupée
puis terre triée et compost

recommencer jusqu'à l'espoir
de fèves et courgettes

119. Anticyclone

dimanche 30 décembre 2018 § Commentaires fermés sur 119. Anticyclone § permalink

gommage des lignes
en quelques secondes
tirets cadratins
dans l'azur trop sec

115-118. Duel

mercredi 26 décembre 2018 § Commentaires fermés sur 115-118. Duel § permalink

masses indistinctes
le noir des montagnes
et celui du ciel
à peine bleuissant

un rien les sépare
ce n'est pas un trait
juste deux moitiés
d'univers nocturne

en taches éparses
l'éclairci des neiges
et le ciel soudain
délavé de blanc

bientôt le bleu
les traînées rougies
les jeux des enfants
appellent le jour

Lisant La langue géniale d’Andrea Marcolongo, j’expérimente l’impossible importation poétique du duel du grec ancien – un plus un égale un formé de deux choses, dit-elle – en notre langue d’où il est absent.

Dés à coudre

samedi 22 décembre 2018 § Commentaires fermés sur Dés à coudre § permalink

dés à coudre
Il y a la maltraitance brutale. Refoulement, rétention, expulsion, privations de toit, de nourriture, d’eau, gazage, vol des biens aussi maigres que précieux, déni des évidences, prison, interrogatoire, mensonges forcés puis reprochés, non-respect des décisions de justice. Mais, avec le courage, l’ingéniosité et l’entraide, il en passe quand même entre les mailles de ces filets. Pas tant, mais trop pour les comptables du rejet des autres. Pour ceux-là qui passent encore on a inventé le supplice des mille coups d’épingles. Histoire de leur apprendre et qu’on n’appelle pas l’air et l’ouverture des frontières en voyant tout ce qu’ils nous apportent. Chaque coup d’épingle, c’est presque rien, tu as pris rendez-vous 10 jours avant sur internet pour déposer une demande à la préfecture et quand tu arrives tu n’es pas sur la liste. Tu ne vas tout de même pas en faire une histoire. Tu n’as pas de passeport et ton pays n’en délivre pas alors la banque refuse de t’ouvrir un compte en banque, tu ne peux pas toucher la bourse que ton lycée professionnel t’as obtenu, ça attendra bien sûr, et même si ça risque de faire des problèmes aussi pour le contrat jeune majeur et pour le titre de séjour, n’en fais pas un fromage. Tiens pour ce dernier, pour déposer le dossier, il fallait un timbre fiscal de plusieurs dizaines d’euros. Tu croyais que pour le titre lui-même, ce serait 19 € mais tu découvres qu’il y a une taxe en plus de 250 € parce que tu n’es pas rentré en France avec un visa et que pour un visa tu aurais payé 250 € et on ne va tout de même créer des inégalités. Le titre tu l’attends 3 mois exactement et comme le récépissé qu’on t’a donné n’est valable que 3 mois, tu est déjà revenu 5 ou 6 fois à la préfecture demander où c’en est, des heures d’attente à chaque fois et à chaque fois on te dit quelque chose de différent, qu’il est arrivé, qu’il est monté en haut mais pas encore redescendu, qu’il est toujours en production, que ça ne sert à rien de revenir avant le dernier jour demander une prolongation pour le récépissé, il faut venir seulement le dernier jour, et le dernier jour 6 heures d’attente, et quand par miracle tu passes – les miracles ça fait partie des coups d’épingle, enfin ça te prépares pour le prochain – tu passes donc et là on te dit qu’il faut payer 40 € de plus et tu ne sais pas pourquoi, 360 € ou plus pour obtenir un titre de séjour qui serait d’un an mais en fait il n’est que de huit mois, tiens dans 4 mois il faut que tu prennes rendez-vous pour le prolonger au même tarif ou plus cher, 45 € par mois pour l’équivalent étranger d’une carte d’identité gratuite et valable 15 ans. Et au fait, c’est pas tout, lors de la délivrance du récépissé, on t’a dit que les photos d’identité certifiées conformes ne l’était pas parce qu’avec ta peau noire il n’y a pas assez de contrastes et il faut que tu ailles chez un photographe qui lui éclairera mieux, et tu l’as fait 30 € les photos mais quand tu les amènes on te dit pas la peine on gardera les autres. Les coups d’épingle, c’est jamais un jour de répit. Même pas le temps de boire un jus de mangue pour fêter l’obtention du titre de séjour et tu reçois un mail sibyllin annonçant qu’il manque un avenant à ton contrat d’apprentissage préparé par une entreprise et l’enregistrement du contrat d’apprentissage est rejeté ce qui suspend son exécution, et tu mets un moment à comprendre que non rien du tout, il faut juste joindre un truc que les DRH d’une multinationale ont oublié de joindre. Jamais une journée sans qu’on te rappelle que tu n’as pas de droits juste des faveurs temporaires dont tu devrais déjà être bien content et que ça commence à suffire que tu râles tout le temps, tiens voilà un coup d’épingle de plus, ça t’apprendra. Et le pire, c’est que ce n’est pas quelqu’un de précis qui te le dit, c’est une multitude anonyme de gens qui se cachent les uns derrière les autres, le département derrière l’État, l’association dernière l’ASE, la banque derrière la réglementation. Et c’est vrai souvent, ils ne te veulent que du bien, mais ils font marcher la grande machine qui t’administre les coups d’épingle.

Quand on a commencé à répertorier les coups d’épingle, à mettre des noms dessus et des personnes derrière, on s’est appelé les dés à coudre. Il y en avait qui ne savaient même pas ce que c’était, et pourtant c’est bien pratique pour pousser l’aiguille sans se faire mal et qu’elle pénètre bien. Ce petit tronc de cône en métal à la surface piquetée, on le portait au majeur ou à l’annulaire, l’index lui il sert à guider l’aiguille. C’était pas dent pour dent, c’était aiguille pour épingle. Mais dur d’en faire une arme par destination. On la montrait juste, et étrange l’effet que ça faisait, même chez ceux qui n’avaient jamais entendu parler de notre campagne.

114. Paysage

jeudi 13 décembre 2018 § Commentaires fermés sur 114. Paysage § permalink

chevelure d'arbres
au lointain mouvante
un amour enfui
à jamais insu

Émulsion

mercredi 12 décembre 2018 § Commentaires fermés sur Émulsion § permalink

Ça se mélange. Enfin pas vraiment. Ça se disperse les uns dans les autres. C’est nouveau. Et ça craint pour nous.

Avant ça se dispersait chacun chez soi. Ceux qui ont commencé à s’émulsionner, ils ont choisi l’endroit le plus improbable pour ça, là où on ne se rencontre jamais, la mort si on traverse autrement qu’en bagnole, le truc que les ingénieurs des travaux publics des DDE avaient trouvé pour couper tout de tout et qu’ils ont exporté dans toute l’Europe, les giratoires. Mais en italien, il y a Giro giro tondo, Casca il mondo, Casca la terra, Tutti giù per terra,1 et qui aurait pensé en faire un hymne révolutionnaire, mais ils s’y sont planté, les pieds par terre, d’abord on a cru que c’était pour défendre le droit de les parcourir en voiture pour pas trop cher, mais non, c’était pour bloquer, se parler, boire du café chaud et des bières et faire le tour des injustices. Comme il y avait des giratoires partout, devant les raffineries, devant les entrées d’autoroute, devant les gendarmeries même, ça a commencé à bien faire, à ressembler à des actes commis en bande organisée pour porter atteinte à l’ordre républicain, mais les forces ont hésité au début, parce que ce n’était pas les clients habituels.

Les syndicats ont recommencé à manifester avec leurs gros ballons et leurs sonos. Curieusement, même les cortèges de tête ont trouvé que cela ne valait pas la peine de se déplacer. Ce sont deux autres bandes qui se sont mis à s’émulsionner, les climateux et les lycéens. Les climateux d’habitude ils sont sages, surtout depuis qu’on assigne à résidence ceux qui auraient des idées radicalisées, genre faire remarquer que les engagements des accords n’engagent à rien et qu’en plus ceux qui se vantent de les avoir fait signer ne les respectent pas. Mais les lycéens, va t’en savoir pourquoi, on a peur d’eux. Si on les mate pas dans l’œuf, ils se multiplient à grande vitesse et pire que tout, ils ont la révolte amusée et se foutent franchement de la gueule des pouvoirs établis. Deux ans plus tôt on avait choisi la fessée préventive, un bon petit coup de matraque télescopique par derrière, quelques coups de pied dans le ventre quand l’individu est à terre histoire qu’ils étudient la condition de leurs potes des banlieues. Seulement, il suffit d’un petit bobo à un fils de bourge égaré et la grand-mère fait un scandale de pas possible. Alors là on a choisi l’humiliation avec inconfort sévère, un truc que l’ONU classe dans les tortures, mais qu’on pourrait faire passer pour un avertissement avant exclusion, pour leur bien, quoi. On ne sait pas trop si l’auteur des instructions non écrites s’est inspiré des brésiliens ou des mexicains. On n’avait juste pas prévu que les lycéens pourraient rejouer la scène pour en faire un emblème et qu’en plus ce serait contagieux. Les climateux ont aussi fait un truc surprenant. Au lieu de râler contre ceusses des giratoires qui ne veulent pas que le prix des carburants augmente, ils se sont émulsionnés avec eux et ça a fait une sacrée vinaigrette. Même la présence de fachos n’a pas dissuadé l’émulsion. À certains endroits, ils ont manifesté ensemble et le jaune-vert qui mélangé fait caca d’oie, là il faisait une belle mosaïque. Dans les giratoires, en plus de protester contre les taxes qui les frappent, ils ont demandé qu’on remette celles qui donnaient quelques coups d’épingles aux hyper-riches. Et une sorte de vague sonore a fait entendre son flux et son reflux : lutte contre l’injustice sociale et écologie pourraient marcher ensemble. Personne ne sait exactement comment, mais le pire c’est qu’ils s’en foutent, ils disent qu’ils trouveront bien si on les laisse chercher. Pas question donc.

On a dit à l’androïde qu’il fallait lâcher du lest, mais que pas de blague, pas un sou ne devait être pris dans nos poches. Il a fait ça à merveille : une augmentation du salaire minimum sans qu’il augmente, ressortir les heures supplémentaires défiscalisées et demander à quelques donneurs d’ordre de donner des primes de Noël tout aussi défiscalisées. Avec une mobilisation médiatique massive et une petite mise en scène de critiques européennes, ça a tenu environ 12h. Heureusement que Noël arrive.

  1. Tourne, tourne, ronde, Tombe, le monde, Tombe la terre, Tous s’assoient par terre ! []

Écriture vocale

mardi 6 novembre 2018 § Commentaires fermés sur Écriture vocale § permalink

deux ans juste
il est 19h29
dans le pays où elle vit

elle prend un livre
neuf
qu’on ne lui a jamais lu
tourne les pages
en arrière jusqu’au début

scrute les images
et commence alors
à parler


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Proféractions ! de Cristina de Simone et le présent de la poésie-performance

samedi 3 novembre 2018 § 2 commentaires § permalink

Ceci n’est pas une note de lecture. Parce qu’il y a des livres qu’on ne se contente pas de lire, ils agissent, ils révèlent ce qui nous a construit et ce faisant, ils nous aident à construire plus avant. C’est donc un récit de ce que ce livre fait, pas seulement à moi, mais à tous ceux qui explorent des formes contemporaines de la poésie-performance, et que je voudrais prolonger plus que commenter. Par ailleurs, Emmanuèle Jawad a conduit et publié dans Diacritik sous le titre Hors de la page trois remarquables entretiens approfondis avec l’autrice sur son livre, qu’on trouvera ici : 1, 2, 3.

Le sous-titre du livre, Poésie en action à Paris (1946-1969) semble définir un cadre temporel et géographique précis qui est effectivement exploré en profondeur dans la thèse de Cristina de Simone et l’ouvrage qui en résulte (superbement édité par les Presses du Réel). En réalité, Proféractions !1 balaye un champ beaucoup plus vaste, et les passages consacrés aux prédécesseurs des proféracteurs, aux prolongements de leurs pratiques dans les 30 dernières années du vingtième siècle et ceux où Cristina de Simone suggère discrètement que l’histoire n’est pas terminée sont parmi les plus intéressants du livre.

Je vous propose donc un petit voyage sur une période plus longue, allant de 1896 au contemporain, en quatre temps, dont le 3e forme le coœur de Proféractions !. Je les retrace ici pour introduire à quelques pensées sur le quatrième, qui est celui de notre présent, et en particulier celui du festival de poésie-performance SECONDA que nous organisons avec Mathilde Roux les 25, 26 et 27 janvier 2019.
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  1. Titre suggéré à l’autrice par Georges Didi-Huberman []

113. Issue de secours

mardi 30 octobre 2018 § Commentaires fermés sur 113. Issue de secours § permalink

écrit sur le ciel
ou la vitre sale
poudre d'escampette
issue de secours

Corps écrit

vendredi 19 octobre 2018 § Commentaires fermés sur Corps écrit § permalink

penchée sur la table
crayon tenu comme sa mère

aux grands cercles
matrices
succèdent d’infimes lignes
zigzaguantes

ce sont des écritures
la preuve
si du texte est déjà présent
sur la feuille
elle repasse dessus
avec les mêmes lignes

voici quatre ou cinq
de ces lignes brisées
un meow dit-elle
oreilles du chat
pattes, bouche, queue, ventre

mais disséminées
ici et là
sur la feuille

le texte serait donc
un corps en morceaux épars
et la lecture peut-être
ce qui les rassemble

une histoire

Ombre et reflets

lundi 30 juillet 2018 § Commentaires fermés sur Ombre et reflets § permalink

après le trop fidèle reflet
vient l’ombre
corps projeté
en infinies déformations

épousant
le terrain de jeu
du monde bosselé
allongée
au couchant soleil
raccourcie
dans les montées

elle suit
le départ de la course
est-ce avec un léger retard ?

bras et jambes
s’y tordent et ondulent

pour Murakami1
une sorte d’âme
dont la perte
nous prive
de liberté et d’amour

soudain l’enfante
découvre le voile
à la fenêtre
tôle ondulée pour son ombre

elle voudrait y amener
tout son monde
une feuille de caoutchouc
pour commencer

et soudain prodige
le reflet dans la vitre
se mêle à l’ombre
son visage habite l’ombre
l’une contour
et l’autre texture

c’est d’une indicible
beauté
qu’elle sait
vérifie qu’on regarde
y revient

y aura-t-il
jamais
pareil
pouvoir sur le monde

  1. dans La fin des temps, Points / Seuil, trad. Corinne Atlan, 2001. []

112. Ben Lomond

samedi 21 juillet 2018 § Commentaires fermés sur 112. Ben Lomond § permalink

moutons parsemés
massifs d'épilobes
des fourmis humaines
chatouillant le ciel

and for our Scottish hosts:

sheep sprinkled on fields
beds of fireweeds
dots of human ants
tickling sky and clouds
Loch Lomond vu de Ben Lomond

Mer

mardi 10 juillet 2018 § Commentaires fermés sur Mer § permalink

d’abord parler aux vagues
leur dire de venir
parfois rétives
puis toujours
obéissantes

tendre le seau
pour recueillir l’offrande
quelques pas en arrière
et verser une libation
sur le reflux mousseux

répéter mille fois
gestes rythmés par
l’horloge marine
inlassables et doux

mots indistincts
de contentement
d’être une pièce
dans le grand être du monde

plus rien n’existe
si les vagues grandissent
elles l’emporteront
mais oseraient-elles
pense le gardien

il mine mentalement
le geste de le rattraper
soudain il se retourne
juste un regard
mais non bien sûr

111. Nage

dimanche 8 juillet 2018 § Commentaires fermés sur 111. Nage § permalink

dans l'onde sans fin
poursuivant la nage
compagnie des morts
à chaque brassée

110. Alarmes

dimanche 1 juillet 2018 § Commentaires fermés sur 110. Alarmes § permalink

ramassées nocturnes
nos âcres alarmes
liqueur révoltée
pour quels lendemains

109. Matin

mardi 26 juin 2018 § Commentaires fermés sur 109. Matin § permalink

brume au grand matin
la peau frémissante
comme à mes seize ans
d'une amour première

Changer de place – Une réflexion

lundi 11 juin 2018 § Commentaires fermés sur Changer de place – Une réflexion § permalink

Je traduis ici une réflexion poétique et phénoménologique de Tina Turco (@larosaturca), dont le texte original italien est reproduit plus bas.


Changer de place – Une réflexion

Je voudrais me souvenir du chant des oiseaux en ce jour, plus touchant aujourd’hui que jamais, doux et mélodieux, scandé d’accents plus délicats et lents, conversant parfois presque comme des oiseaux nouvellement nés; le chant du merle, surtout.

Une chose inouïe s’est produite aujourd’hui pour mon propre chant : quelques vers que je considérais depuis plusieurs semaines comme perdus dans la source indistincte de l’oubli, me sont non seulement revenus à l’esprit au réveil, mais en remontant le fil de cette résurgence, je compris qu’ils m’avaient été rendus parce que je m’étais trouvée physiquement, quelques jours auparavant, dans un endroit qui possédait une affinité essentielle avec ces vers perdus…

Avec quelle surprise m’est alors apparue la prémonition permise par l’écriture poétique, mais aussi le pouvoir intrinsèque de la poésie à entre-mettre différents lieux; à permettre l’expérience sans passer par la sensation physique, et à pourtant s’incarner.

Ici, les vers que je pensais perdus, et dont je doutais qu’ils soient vraiment inspirés, parce qu’ils ne faisaient pas suite à une expérience de vie dans le monde – se réduisant presque à un exercice mental – avaient en fait précédé mon expérience, me permettant de cueillir directement un concentré de sens dans un déplacement qui surpasse1 l’expérience physique de la dimension spatio-temporelle.


Vorrei ricordare oggi i canti degli uccelli, toccanti oggi più di sempre, melodiosi e dolci, marcati da cadenze più soavi, piani e quasi discorsivi a tratti come fossero di uccelli nuovi ; più di tutti, i canti del merlo.

Qualcosa d’inaudito si è compiuto oggi anche per il mio canto : alcuni versi che da settimane consideravo perduti ormai nell’indistinta fonte di Oblio, non solo mi ritornavano alla mente al risveglio, ma riattingendoli comprendevo che ciò poteva accedere grazie al fatto di essermi trovata fisicamente, qualche giorno prima, in un luogo che era per essenza affine ai versi perduti…..

Con quale sorpresa allora ho visto il potere predittivo di poetare, e anche la facoltà intrinseca di Poesia di tra — durci in luoghi diversi ; consentendo l’esperienza senza passare da quella fisica sensoriale, e tuttavia incarnandosi.

Ecco, quei versi che credevo perduti e che dubitavo fossero davvero ispirati perché non erano successivi a un’esperienza viva nel mondo – quasi fossero soltanto un esercizio mentale – in realtà avevano preceduto la mia esperienza, offrendomi di cogliere un distillato di senso direttamente in un moto a luogo che sopravanza l’esperienza fisica della dimensione spazio-temporale.

  1. J’aurais personnellement écrit précède et dépasse mais surpasse est la traduction exacte. []

Lecture

mercredi 30 mai 2018 § Commentaires fermés sur Lecture § permalink

dix-neuf mois
tournant les pages
d’un livre

à chacune une phrase
énoncée en silence
des lèvres
et de la langue
sans aucun son

sa parole muette s’arrête
pour tourner la suivante
l’énoncé porte bien
sur la page

elle conte une histoire
rapide, saccadée
une récitation presque
récapitulant son savoir
de ce qui se passe
inscrit dans les images
et les textes

à la fin du livre
une mosaïque de vignettes
présente les autres
de la collection

elle s’arrête
les examine longtemps
puis repart au début du livre
et reprend
le moulin à lire

108. Exhalaisons

lundi 21 mai 2018 § Commentaires fermés sur 108. Exhalaisons § permalink

soleil matin tôt
réveil des senteurs
énivrée de menthe
splendeur de la sauge

sauge