En cours

mercredi 13 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

Les principaux chantiers que je mène en ce moment sur ce blog sont une série de poèmes spatialisés sur le thème des fissures, une série de textes sur les néotopies (Vacance) et la publication de quatrains inspirés de la poésie chinoise Tang. De juin 2015 à janvier 2016, j’y ai publié (presque) chaque jour un quatrain, dont l’ensemble constitue un conte.

Une armée d’amants

mercredi 27 avril 2016 § 2 commentaires § permalink

Poetry at City Lights

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Il y a des livres qui vous embarquent. La seule décision que vous prenez vraiment c’est de les prendre dans vos mains. C’était dans la salle poésie de City Lights, la librairie et maison d’édition de Lawrence Ferlinghetti à San Francisco. Là où j’ai entendu plus de trente ans auparavant certains des poètes beats lire leurs poèmes. Un espace très vaste (pour un « rayon » poésie) et pourtant intime. Tout autour, il y a des chaises et les lecteurs qui s’y assoient se tournent vers les rayonnages, et donc le dos les uns aux autres. Toute une bibliothèque marquée « Beats », mais rien que des hommes. Les femmes sont relayées dans les rayons de poésie générale, là où j’ai trouvé l’édition des poèmes de Joanna McClure achetée ce jour là. City Lights a une collection de littérature contemporaine. C’était là, un petit livre gris, avec ce titre An Army of Lovers et deux noms d’auteurs. Je l’ai pris dans mes mains, je l’ai ouvert près de la fin, pas le genre de trucs que je fais d’habitude, et j’ai commencé à lire. Ça ne m’a pas lâché. Mais j’avais faim. Je suis allé payer à la caisse et manger dans un italien (c’est le coin des italiens). J’ai continué à lire. Puis j’ai marché très longtemps jusqu’à la maison d’amis à Noe Valley où je logeais. Je me suis remis à lire. Le lendemain, je suis retourné à City Lights et j’ai demandé qui s’occupait des droits de traduction. La personne à la caisse m’a laissé un papier avec un nom (Henry) et un n° de téléphone. De retour, j’ai fait lire le livre à quelques personnes en disant : « j’ai envie de le traduire, qu’est-ce que tu en penses ? ». Ils étaient pour.
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Désceller

dimanche 24 avril 2016 § 1 commentaire § permalink

Les poèmes brefs de @larosaturca (voir celui-ci sur son site) continuent à éveiller en moi le démon de la traduction1

Dissigillare

Dis — sigillare
il fuoco e
il ferro
dov’era il solco
del cuore
impresso a vivo
nella pelle nuda tra-durre umide
zolle
sul calcinato
di croste.

Dé-sceller
le feu et
le fer
au sillon
du coœur
imprimé à vif
dans la peau nue    trans-poser
des mottes de terre humides
sur les croûtes
calcinées
  1. Invoqué ici explicitement, même si j’ai dû m’en éloigner un peu en travestissant « tra-durre » en « trans-poser ». []

Fissures / 11 – Val Devero

dimanche 24 avril 2016 § 0 commentaire § permalink

trace sur le lac

soleil dans le dos
lumière matin
ombres longues
sur le plan parfait
du lac gelé
quelques centimètres de fraîche
durcie par le gel nocturne

au terme de chaque pas
la glisse s'allonge
étire les muscles
révèle la trace invisible
d'une skieuse fugitive
escortée
dans des rêves adolescents

sur les bords
plaques brisées
résidus chaotiques
de l'eau vidée
pour éclairer une ville lointaine

en lisière
la glace fond
cloaques gris
aux mouvements imperceptibles

au centre nulle menace
mais où prendre pied ?
la fugitive guetterait
au loin un escarpement
pont de neige
sondé du bâton
puis tâté d'un ski hésitant

il l'aperçoit
mais résistera-t-il
au poids du souvenir

Les debouteurs

lundi 11 avril 2016 § 0 commentaire § permalink

Ceci est le trente-quatrième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.


Ici l’auteur doit s’interrompre un instant et faire part de son embarras réjoui. Jusqu’à présent, les néotopies se tenaient bien tranquilles chacune dans son compartiment, lequel fournissait le lieu d’une narration possible, fut-elle un peu chaotique. Ou alors elles se fédéraient en réseaux et coalitions où elles semblaient se figer plus que se sublimer et en tout cas ne s’emparaient pas de la totalité de ce qui nous fait souffrir ou jubiler. Certes, il y eut quelques signes avant-coureurs par exemple dans la troupe d’un fantomatique général. Mais maintenant, les néotopies se fondent en de nouveaux magmas sans pour autant perdre leur identité, leurs lieux se multiplient et prétendent se réapproprier l’espace public pour elles toutes. Au passage ils semblent qu’elles aient également pris possession de l’auteur de ces récits fragmentaires. C’est donc dans la brume du présent que doit s’écrire cet épisode. On ne peut même pas s’inspirer de ce qui se serait passé autrefois à cette même date du 42 mars. Certains cherchent des précédents dans Romaine Germinal, mais non, ce qui se passe ne ressemble à rien et à tout à la fois. Rien à faire, il faut écrire dans ce présent de la perception dont le philosophe1 disait : « Il nous faut bien refuser à la conscience perceptive la pleine possession de soi et l’immanence qui exclurait toute illusion ». Renonçons donc à la pleine possession de soi et illusionnons-nous s’il le faut.
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  1. Merleau-Ponty, cité dans l’article immanence du lexique du CNRTL. []

Le 36 mars

mercredi 6 avril 2016 § 0 commentaire § permalink


… et quelques pas de plus avec Francis Royo

dimanche 3 avril 2016 § 0 commentaire § permalink

Suivant Brigitte Célérier, je partage cette lecture un peu maladroite d’un poème de Francis Royo lors de la restitution d’un atelier d’écriture où nous avions lu ses poèmes, avec ces mots qu’il nous laisse parmi tant d’autres :

je ne suis pas absent
je pleure un jardin bleu

Fissures / 10

samedi 2 avril 2016 § 0 commentaire § permalink

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deux formes
délimitées par elle
qu'on peut lire
l'une sur le fond de l'autre
ou intimement emboîtées

deux êtres
dans l'indétermination
de l'amour
la fissure ne passe pas entre eux
elle traverse chacun
le divise entre
ce qui lui appartient
et ce que l'autre est en lui
ce qu'il lui abandonne
et l'à jamais inconnu

nul dualisme
pour répartir
de part et d'autre
masses et fluides
peau, chair, os
mots, pensées ou sentiments

quel bizarre mélange
entre l'irrémédiable solitude
et l'indistincte limite
de nos corps
à qui appartiennent
ces sexes ?

On trouvera une traduction de ce poème en italien sur un des sites de @larosaturca, avec qui nous écrivons entre les langues.

Fissures / 9

samedi 26 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

elle débute au bord de l'allège
traînée noirâtre zigzaguante
sur le mur jauni
rappelant juste
la descente des forces invisibles

le regard perdu
dans son insignifiance
s'habite
de ce qu'on ne voudrait pas voir

sa brûlure
comme d'un éclair
que sait-elle
des chemins de l'air en nous
du froissement des alvéoles
quand passe la respiration
du souffle soudain absenté
de reprendre le pouls du monde

résonances imprévues
influx palpitant
au cœur du réacteur
emballement des systoles
et la note filée
d'une douleur inquiète

comme un appel muet
à porter nos incertitudes
en drapeaux de fièvre
et réclamer les villes

Fissures / 8

mercredi 23 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

terre prise dans nos mains
sphère vaguement aplatie
fissurée de partout
boule de feu intérieur
suintante de lave
deux sortes de fissures
au fond des mers
la convergente subduction
et les dorsales divergentes
et sur terre
les chaînes de montagnes
et les rifts
prêts pour d'autres océans

mais c'est la terre
qui nous tient dans ses mains
et nous précipite
en d'autres convergences

subduits
conjugués
renvoûtés
sous des plaques souterraines
en chambres cachées
où bouillonne
le magma des mots
que nous balbutions

peut-on apprivoiser
une éruption tendre
un filet de lave
qui coulerait
comme une caresse
un doux grondement
murmure de jouissance
mots indistincts
babil adulte
comme jailli d'un rêve
surpris chez une dormeuse
adressé à nul autre
que le gardien des songes

Fissures / 7

vendredi 18 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

Les Californiens fendaient le bois avec un coin en andouiller qu’ils enfonçaient à l’aide d’un maillet en pierre brute
R.-H. Lowie, Manuel d’anthropologie culturelle,1936, p. 132.

même en langues ignorées
l'étymologie
s'inscrit dans le coresprit
se sentir fissuré
c'est fissum iri
être sur le point
d'être fendu

on ne sait
qui posa un jour
des coins invisibles
dans la buche
de la langue
et les replis
du corps

il suffit d'un rien
un regard à la dérobée
un grain de double-entendre
la matière d'une voix
que l'on boit sur des lèvres
une alchimie de la chair
même pas frôlée
une phrase dite par l'autre
qu'on croyait avoir pensée
et la chair tremble
grince craque
un bruit intérieur
entendu de nul
l'esprit s'échappe à lui-même
se fend se divise

on acquiert
d'autres sexes
qui font l'amour
à notre insu
et des langues parlent
dans notre bouche

Mises en scène

lundi 14 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

Je l’ai déjà dit en 4 fois 140 caractères, Dans le squelette de la baleine mis en scène par Eugenio Barba et son Odin Teatret a été pour moi un vrai choc, un émerveillement brutal. La principale inspiration revendiquée par le texte remis aux spectateurs sous la forme d’un tout petit livret cousu est celle du Devant la loi de Kafka. Il s’y ajoute certains extraits assez hétérodoxes des manuscrits gnostiques coptes de Mag Hammadi1. Ce qui rassemble ces sources d’inspiration, c’est une vision ancrée dans des religions de l’émancipation humaine et du retournement des relations entre les êtres humains et leur(s) dieu(x), retournement à travers lequel il appartient aux humains d’exercer leur liberté pour inventer un monde qui soit plus hospitalier à ce(s) dieu(x).

J’ai lu Kafka quand j’avais entre 16 et 18 ans, Le procés, La métamorphose et surtout les Lettres à Milena qui enflammaient mes amis d’alors pendant que, plus jeune qu’eux, je me demandais surtout comment faire pour que certaines veulent bien considérer mon air malheureux avec autre chose qu’une pitié amicale. Je ne crois même pas qu’à l’époque je savais que Le procès était un roman inachevé dont seul la Parabole de la loi avait été publié du vivant de Kafka (on ne lisait pas les préfaces, c’était nul, on se ferait notre propre idée). J’étais comme aujoud’hui un athée aux origines alimentées par de multiples cultures, y compris religieuses. Le milieu où je traînais agitait des interrogations sur l’identité culturelle juive et s’il fallait l’épouser ou la respecter à distance critique. Certains s’échauffaient autour des thèmes théologiques protestants de la mort de Dieu. On se demandait si on pouvait s’opposer aussi fort à la guerre du Vietnam et ne pas se dire soutien des communistes vietnamiens. On lisait des livres auxquels on ne comprenait rien qui parlaient de différance. S’y intéresser était la porte d’entrée de l’attention de certaines, porte devant laquelle veillaient hélas pas mal de gardiens. On commençait à comprendre qu’il n’y avait pas en face de nous un ennemi, mais un système bureaucratique anonyme, que l’essentiel de son pouvoir résidait notre acquiescement à certaines de ses règles, notre peur de les contester. Alors on énonçait de temps en temps des énormités provocantes, histoire de se prouver qu’on était capable de dépasser cette peur.
» Lire la suite «

  1. L’article de Michael Löwy que je cite plus loin critique de façon convaincante ceux qui veulent rattacher la pensée de Kafka à ces courants gnostiques, mais cela n’interdit bien sûr pas de les rapprocher dans une nouvelle œuvre. []

Fissures / 6

vendredi 11 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

vient le séisme
sourde détonation
ondes verticales
souffle retenu
puis l'écoute boit le silence
plus tard l'inspection
en quête de fissures aux linteaux
de petits morceaux de ciment
chus au sol

l'autre séisme
lui ne détonne pas
passe inaperçu
cette cicatrice d'abord imperceptible
on mettra longtemps
à la relier à
est-ce même une cause
ou l'interaction de corps
une gravitation particulière
qui vaut bien l'universelle

parfois les lignes se frôlent se touchent, aveugles dans
se rejoignent l'obscurité1
mais là
les lignes nous traversent
elles nous lient
comme un fagot de petit bois

des ligatures invisibles
qui creusent dans les chairs
des boursouflures
si corps ou pensées
tentent de les démêler
elles tissent de nouveaux mots
qu'on ne dira pas

elles murmurent
des trucs genre
défissure-moi
onguente-moi
de ta lymphe
  1. Oblique de Christine Jeanney, p. 58. []

Fissures / 5

lundi 7 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

désordre
dans la maçonnerie
du coresprit
ça se coupe
se disjoint
se fendille
s'écarte
ça suinte
un liquide bouillonnant
qui dégouline
du couvercle soulevé
d'une marmite
un sirop au boulé
qui nous brûlerait les doigts

et ça fait du bruit
en dedans
un gargouillis
de tripes
un chant qui pourrait
sauter un temps
et précipiter le cœur
dans la fournaise
et la furie1

ça dit des mots en nous
qu'on ne connaissait pas
et en nous
quelque chose répond
encore
sans les comprendre

et ces mots
qu'on ne comprend pas
on les assemble
comme on rebâtit
un mur effondré
et ils parlent

ils disent
toi aussi
ils disent viens
viens contre
viens avec
  1. Juliana Spahr et David Buuck, Une armée d'amants, ma traduction et les voix à venir de Christine Jeanney et Guillaume Vissac. []

Fissures / 4

mardi 1 mars 2016 § 0 commentaire § permalink

Mots lancés comme des fissures dont une extrémité vient de te toucher, presque par négligence
Virginie Gautier, Marcher dans Londres en suivant le plan du Caire

elles sont
quelque part
dans cet embrouillamini de cellules
à un étage inconnu
entre ce qui grouille
sous notre conscience
et la danse des acides aminés

elles sont
dans la langue
les liens incompris
des sens et des sens
dans les mots qui sortent de travers
se bousculent
ou qu'on ne trouve pas

elles sont
dans l'entre-deux
la rare suspension
des inassouvissements

elles sont
dans l'intensité
de n'être qu'une parenthèse
que les dieux parfois
nous envient

fendillement des nerfs
failles où loge le désir
séismes du cœur
gouffres minuscules où sombrer

nous sommes
nos fissures intérieures

Fissures / 3

vendredi 26 février 2016 § 0 commentaire § permalink

retour à l'asphalte du trottoir
une coulée de pisse
jusqu'à la margelle
il se tient assis
un peu à l'écart
son panneau annonce
71 ans, 41 années de travail
dit que maçon il fut

assis dos droit
bien de sa personne
le visage paraîtrait beau
sans le regard perdu
dans un ailleurs dépeuplé

la fissure n'est pas dans la rétine
se loge ailleurs
une ancienne douleur
coupure des liens
entre œil et cerveau
est-ce
une usure du voir
tendu jusqu'à craquer
quelque chose
d'irregardable
et pourtant vu
ou une brûlure d'impensable

il se tient
c'est tout
portant un reproche muet
qui ne s'adresse à personne
et dont tous emportent les bribes

Les versées en livre-objet textuel et graphique

jeudi 25 février 2016 § 1 commentaire § permalink

couverture

Les poèmes brefs et verticaux de Philippe Aigrain, s’adossant à leurs cairns de prépositions, évoquent des mobiles, mais aussi des navettes, des propulsions dans l’espace, des migrations. En contrepoint, les images digitales comme pastellisées de Christine Jeanney, oniriques, hantées, captent la trace mémorielle du passage. La poésie visuelle d’ Aigrain trouve dans les visions de Jeanney un écho physique parfait, et sa verticalité nous aspire aussi lentementqu’ Alice chutait dans le terrier du lapin.
Sabine Huynh

L’écriture et la création numérique se font par bouffées rapides. Cela s’accumule, se sédimente, dort puis se réveille, ça bouillonne et on appelle cela un projet, on transpire et on en oublie de dormir, on retravaille sans fin, on se décourage parfois et on y revient avec des idées neuves. Et un jour, il y a un objet qui existe, ou bien une performance ou autre chose qui n’a pas encore de nom. Pour mes poèmes autour des prépositions et les images que Christine Jeanney a produites à partir d’eux, ce moment, c’est maintenant. Ça y est l’édition sous forme d’un ensemble de cartes des Versées est faite, imprimée, légalement déposée et officiellement publiée le 4 avril 2016. Vous pouvez les commander en utilisant ce bon de commande (PDF remplissable). Et merci à Christine, infatigable complice de tant de collaborations.

Fissures / 2 — À Pécondal

dimanche 21 février 2016 § 0 commentaire § permalink

sur la colline calcaire
pierres sèches du mur
à certaines
cassées ou dégrossies
des éclats
comme d'un silex taillé
nulle fente
nul pli
les seules fissures
sont entre leurs lits
ou courent en diagonale
lèvres obliques
rictus ou sourires du mur

pas un souffle dans l'air
on devine l'infime remous
créé par les ailes du pic-vert
le roucoulement d'une colombe
en ce pays de pigeonniers

lente caresse horizontale
du soleil en fusion
qui ne veut pas se coucher

février trop chaud
le silence comme l'attente
d'une catastrophe
qui nous rassurerait peut-être
en comparaison
de l'inimaginable
ou d'un élan soudain
printemps d'avant le printemps
soulevant nos cœurs éprouvés
leurs palpitations assoiffées
guettant le murmure du non-advenu
promesses
à nos oreilles crédules

on en oublierait de respirer
de peur de troubler
ce temps en gestation
qui habite le jour

Fissures / 1

jeudi 18 février 2016 § 1 commentaire § permalink

petite fissure dans le goudron
durci, séché
du trottoir
un trait droit
hésitant un peu
puis se repliant
vers la grille du square
forme fragile
sémaphore figé
fente ouverte
par un coin mal engagé
dans la bûche dure
de la mémoire

un jour peut-être
des herbes folles y nicheront
de ses lèvres entrebaillées
sourd un message
une vibration
dont le corps
déchiffre les silences
ils tiennent
un récit inarticulé
une aspiration douloureuse
vers ce qui manque
sans nom

La nostalgie de Barbara Cassin

lundi 15 février 2016 § 0 commentaire § permalink

La version courte c’est que ce livre est un petit bijou d’intelligence, de sens et de sensibilité dont il y a beaucoup à tirer et pour longtemps. Mais ce serait trop allusif d’en rester là. Ce petit livre dont le sous-titre est « Quand donc est-on chez soi ? » a été réédité chez Pluriel en 2015. Il était paru à l’origine en 2013 aux Éditions Autrement.

Après Loin de moi de Clément Rosset, c’est la deuxième fois que je fais une note de lecture sur un écrit philosophique dans ce blog dédié principalement à mes productions poétiques. Bien que très différents, les écrits philosophiques concernés labourent le terrain où germe la poésie. Leur écriture en est d’ailleurs comme envahie. Le premier chapitre de La Nostalgie, que je vous laisse découvrir, est tout entier un texte poétique, et pas seulement parce qu’il cite des poèmes, ou parce que pour comprendre et transmettre des émotions qui sont sans doute trop fortes pour pouvoir être directement décrites, la poésie est un passage nécessaire. Il faut à Barbara Cassin dire qu’on est « hospité » pour introduire l’une des thèses fondamentales du livre qui est que l’on est chez soi et toujours de façon fragile, là où on est reconnu, accueilli… même si on n’y est… pas (chez soi) au sens du lieu et encore moins du peuple de naissance.
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Clignotants

lundi 8 février 2016 § 0 commentaire § permalink

ciel intermittent
bleu et gris en suite
mon humeur aussi
du blues à l'ivresse