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mercredi 13 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

Ce blog existe depuis juin 2012. De juin 2015 jusqu’au 13 janvier 2016, j’y ai publié (presque) chaque jour un quatrain, dont l’ensemble constitue un conte. J’espère maintenant me consacrer à divers chantiers jamais abandonnés (voir les catégories du menu de gauche ou les textes au hasard) ou nouveaux.

Clignotants

lundi 8 février 2016 § 0 commentaire § permalink

ciel intermittent
bleu et gris en suite
mon humeur aussi
du blues à l'ivresse

Une clarté en soi – larosaturca

lundi 1 février 2016 § 0 commentaire § permalink

larosaturca est le nom de plume d’une poète italienne dont les textes ont pour moi une résonance particulière. Elle publie plusieurs brefs poèmes chaque jour. Certains d’entre eux suscitent en moi le démon de la traduction. Vous en trouverez quelques traces sur son site. Elle a publié aujourd’hui un poème en prose que je trouve d’une grande beauté et que je suis heureux d’accueillir précédé de ma traduction sûrement imparfaite.

En un rien de temps, le brouillard nous a englouti, nous et nos vies
scintillantes et privées de splendeur. Bloc de clarté en soi, il a occupé
tout l'air et les lointains démêlant le rêve. Alors, la pierre taillée
et son dit solitaire se confient à nouveau dans la vue des forêts
soudain retrouvée.

La version originale italienne sur un des blogs de @larosaturca:

In qualche istante la nebbia ha avuto ragione su di noi, sulle nostre vite luccicanti e prive di splendore. Un corpo di chiarore per se stesso, ha occupato tutta l’aria e le distanze un dipanare di sogno, e la pietra manufatta e il suo detto solitario nuovamente si confidano nell’occhio restituito d’improvviso alle selve.

32. Les destituants

mercredi 27 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

Ceci est le trente-deuxième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.


Tout devient de plus en plus clair, au point que c’en est éblouissant. On a publié la nouvelle liste des autorités de l’État, avec dans l’ordre protocolaire :

Le Président de la déprime publique ;
Le Chef du gouvernement des esprits ;
Le Ministre de la police ubiquitaire ;
Le Ministre de la justice invisible et renseignée ;

suivis d’une ribambelle de technocrates intercheangeables parmi lesquels deux ministres de la protection des intérêts des oligarques, une ministre des médias décérébrants, trois ou quatre ministres de la mise au pas des fainéants, deux ministres de la guerre totale, aveugle et permanente, et une dizaine de secrétaires d’État occupés à la réduction des coûts dans l’intérêt de tous.

La destitution, ce n’est pas nous qui en avons eu l’idée. Avant même les derniers développements, deux publicistes (au sens qu’avait ce mot au 18e siècle) ont affirmé que dans la situation, il fallait remplacer la visée d’un improbable processus constituant par la perspective plus immédiate d’un processus destituant. Citant Baudelaire :

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

ils nous ont invité à :

[…] ramener sur terre et reprendre en main tout ce à quoi nos vies sont suspendues, et qui tend sans cesse à nous échapper […] [à] la destruction attentive, douce et méthodique de toute politique qui plane au-dessus du monde sensible.

Ils l’ont fait avec leur coutumière posture, semblant parfois plus soucieuse de repousser ceux qui voudraient les rejoindre que d’attirer ceux qui ne sont pas encore convaincus. Pourtant, la pertinence du propos ne fait pas de doute. Les destituants sont nés de la volonté de donner un caractère concret à cette esquisse. D’où les assemblées destituantes. C’est ouvert à tous, mais avec des règles de fonctionnement. Il fallait éviter le tribunal populaire, après tout notre problème ce ne sont pas les personnes mais le système qui leur a permis d’exercer les fonctions qu’on veut profaner, c’est à dire rendre à l’usage commun comme l’a expliqué Giorgio Agamben. Les titulaires de ces fonctions sont bienvenus dans la discussion, mais curieusement ils se présentent rarement. Alors on désigne quelqu’un pour les représenter. Ils le font si bien que ça nous fait parfois peur. C’est comme cela qu’on a destitué le ministère de la justice. Attention, juste le ministère, pas les juges, pas les avocats, ni les procédures du moins celles qui respectent la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial, ni les tribunaux donc sauf ceux d’exception. Il y en a qui se demandent ce qu’on met à la place. Mais rien, c’est toujours là, mais pour la première fois, la séparation des pouvoirs commence à ressembler à quelque chose. En fait, cela change surtout la façon de nommer. On ne dit plus ancien ministre, on dit titulaire du portefeuille de l’ancien ministère de la justice, destitué en date du…

Sextain / 24

vendredi 22 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

dans l'abandon ravi d'une euphorie captive
transportée d'ivresse, sauvage, insouciante
tu m'a emprisonné sans défense, lent, grisé 
soumis, subtilisés, pris d'émerveillement
nous nous sommes séduits, rapt de bonheur sans trêve,
forçats ivres de joie, nous nous dévêtissons

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Sextain / 23

dimanche 17 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

les esprits conversant dans le remous des cœurs
fermentation fluide où se fraye l'enthousiasme
une chair vaillante un tumulte blagueur
la mémoire en sursauts et chuchotis s'anime
balancement d'être hardiesse du parler
l'humaine écorce s'entretenant de l'onde

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200. Fin

mercredi 13 janvier 2016 § 1 commentaire § permalink

en langue prêtée
nos poèmes nos contes
diront le passage
qu'ils croient nous fixer

199. Jouets

mercredi 13 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

des dieux jouets nous sommes
qu'ils s'amusent donc
à nous adresser
tourments et délices

198. Refuge

mardi 12 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

dans ces mots épars
s'entendent les voix
d'histoires errantes
cherchant un refuge

197. Récit

lundi 11 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

du fouillis tressé
fusent des paroles
récit indicible
et pourtant narré

196. Textile

dimanche 10 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

en fils invisibles
textile des mots
étreintes du sens
au coeur de la langue

195. Effacement

samedi 9 janvier 2016 § 2 commentaires § permalink

aperçu de loin
tenu à distance
un déjà passé
dans l'instant s'efface

194. Répliques

vendredi 8 janvier 2016 § 1 commentaire § permalink

répliques de séisme
le corps vacillant
syncopes bénignes
failles ressurgies

193. Défrichement

jeudi 7 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

pulsant dans les veines
le feu de défriche
brûlis sur la pente
fertile terreau

192. Présence

mercredi 6 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

une main posée
sur l'épaule à peine
comme une présence
chassant l'obsession

191. Creusement

mardi 5 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

le tremblement âpre
à l'autre amarré 
devient terrain propre
sillon de labour

190. Rebonds

lundi 4 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

la vie les reprend
chemins de leur être
courbes et zigzags
croisements et fuites

189. Affiche (20)

dimanche 3 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

mais même en silence
agence sans trêve
l'ardent entrelacs
de corps et d'esprit

188. Affiche (19)

samedi 2 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

celui qui t'admire
lies-le à ton corps
s'il poursuit tes charmes
offre lui tes mots

187. Affiche (18)

vendredi 1 janvier 2016 § 0 commentaire § permalink

ce qui en toi sourd
et au-delà te jette
parcours son chemin
sa rugueuse errance