Sextain / 18

mardi 26 mai 2015 § 0 commentaire § permalink

temps hybride où les souffles pressants s'échauffent
et les courants mauvais battent l'heure passée
dans l'instant alarmé flotte une senteur trouble
l'autan des possibles affole nos jours naifs
la marée promise berce le moment opaque
du futur la brise agite le temps neuf

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Intime et surveillance

jeudi 21 mai 2015 § 0 commentaire § permalink

Intervention dans le cadre de la soirée organisée le 2 mars 2015 par le projet Tenons et Mortaises et la BPI dans son cycle Place aux revues sur le thème L’intime est-il révolutionnaire ? Vous pouvez aussi visualiser la vidéo de l’ensemble de la soirée. Ce poème phonétique avait été composé pour et lu dans le cadre du symposium « Au delà de Big Brother : la surveillance entre fiction et réalité » à Lisbonne en novembre 2014. Son texte est ici. Excuses pour les bruits dus au frottement du micro sur ma joue.

Intime et surveillance.

Milan

dimanche 17 mai 2015 § 0 commentaire § permalink

milan familier
ton salut de voiles
caresse des ailes
trois tours et s'en va

Jardin

dimanche 17 mai 2015 § 2 commentaires § permalink

beau temps après pluie
terre brune tendre
le jardin défait
revit en légumes

Les ombres du consentement

dimanche 10 mai 2015 § 0 commentaire § permalink

nous sommes des ombres
liés de fils insus
d'absurdes décrets
gouvernent nos actes

Écrit en moi par la représentation d’Antigone de Sophocle mise en scène par Ivo de Hove au Théâtre de la Ville.

Kerameikou

dimanche 26 avril 2015 § 2 commentaires § permalink

Scène vue à Athènes dans une rue du centre, tout près de Zinonos, la rue des bazars les moins chers du monde, un kilomètre d’essuie-tout à 3,50 €, 1 € la paire de chaussettes en fil d’écosse. Russkiye Produkti annonce fièrement l’un d’eux mais ce sont les chinois qui importent-exportent. Le dimanche on s’y presse pour faire des affaires, et c’est aussi par là que certains migrants survivent un temps. Ce n’est pas la vérité d’Athènes, des structures de solidarité auxquelles j’ai rendu visite dans divers quartiers, des repas interminables et joyeux aux terrasses de Gazi ni de la nuit tombante sur l’Acropole, mais l’image de ce couple ne me quittera pas.

substance inconnue coupée dans la capsule
fondant au feu vif de la flamme de briquet
lui africain elle sans doute des Balkans
accroupis dissimulés entre deux voitures
se tenant compagnie en terre de malheur
ignorés par les flics aux motos rutilantes

Neuf quatrains du Grand Paradis

dimanche 19 avril 2015 § 0 commentaire § permalink

Lors d’une randonnée à skis en compagnie d’amis et du recueil de poésie L’ajour d’André du Bouchet, j’ai composé (sur un petit carnet, une fois n’est pas coutume) ces neuf quatrains :

54. Temps de neige

temps si lent de neige
la parole tue
tremblement qui gronde
de cris étouffés

55. Chamois

prairie hibernée
saturée de neige
les sabots fendus
appellent les herbes

56. Jour

trop plein de lumière
au sein du brouillard
si le jour se lève
aux yeux sa brûlure

57. Trio

entre elles à table
semblant hésiter
entre sa pareille
et l'autre enlacée

58. Poséidon

tridents et bifides
harponnant le ciel
sur les monts de neige
la nave d'un dieu

59. Traces

les ondes des skis
enlaçant leurs tresses
une chevelure
sur l'épaule nue

60. Rouge !

rouge ! deux oiseaux
poursuite joyeuse
où donc leur nichée
si demain tempête ?

61 Fer

amont du refuge
élancement brun
au fer chaud des pierres
la menace fond

62. Oiseaux

oiseaux quatre fois
par deux dans un sens
un dans l'un et l'autre
un en ronds encore

Sextain / 17

lundi 30 mars 2015 § 0 commentaire § permalink

bourrasque jamais vue, corps emportés en feuilles
fibres enlevées par le vent, chairs éperdues
tourmentant de lames leurs vues leurs âmes vives
ils se tenaient l'un à lautre pour écarter
de leurs peaux enflammées la page lue la trombe ;
d'un pétale pensé elle fit don au vent nu

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Turin

vendredi 27 mars 2015 § 2 commentaires § permalink

ciel bleu fin d'hiver
décor feint à chaque
rue de monts neigeux
la ville la belle

in italiano per miglioramento a cura degli studenti d’i-voix al Liceo Ceccioni di Livorno :

Torino

cielo blu tardo inverno
ogni strada decorato
di montagne innevate finte
la città la bella

Sonnet / 1

lundi 16 mars 2015 § 0 commentaire § permalink

ta si vive absence, sœur inexistante
ne manque pas à l'appel des vents printaniers
ils connaissent ton corps, frôlent ta chevelure
leurs doigts y embrouillent mon esprit égaré

j'y habite parfois un sommeil agité
tout un peuple rêvé en écorce brumeuse
t'escortant de feuilles, d'une robe végétale
un drap vert à froisser où je glisse mes mains

d'autres fois ce n'est que murmure suspendu
la forêt de bouleaux me guette désertée
où donc te caches-tu derrière leur troncs frêles ?

il est des nuits rares où nue tu me regardes
alors soudain je cesse d'exister sous tes yeux
je deviens le frère de ta mémoire absente