Sextain / 1

Dimanche 23 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

atmosphère atrophiée d'une terre lointaine
nos émotions s'étiolent dans l'air raréfié
la matière brute du sol proche nous porte
un trouble terrestre serrant nos corps réunis
l'aurore stellaire en brume fugitive 
beauté évaporée ravivant nos émois

Le sextain est un sizain (ou sixain), c’est à dire un poème de six vers, ici vaguement alexandrins1. Mais c’est un sizain qui emprunte à la sextine, cette géniale invention du troubadour Arnaut Daniel fondée sur un mécanisme de rotation. Là où la sextine installe une rotation des rimes au sein des strophes, ce sont ici des mots au sens semblable ou contraire qui tournent au sein des vers. Oskar Pastior a été plus loin en faisant tourner les phonèmes ou syllabes dans ses mini-sextines. Il s’agit pour moi d’une inspiration plutôt que d’une contrainte. Je suis loin de respecter le principe de rotation rigoureusement, même si j’espère m’en rapprocher dans d’autres essais.

  1. Je prends quelques libertés avec les césures. []

Cabine téléphonique

Jeudi 20 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

cinq flics pour bannir
une rom d'urgence
fureur retenue
mon don dérisoire

Suintement

Mardi 18 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

grains de nuits précoces
photons égarés
gouttes de tristesse
et bonheur mêlés

La surveillance entre réalité et fiction

Lundi 17 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

Ce phoème a été lu pendant le symposium Fiction et Réalité: au-delà de Big Brother à Lisbonne le 14 novembre 2014. Cliquer sur le lecteur audio pour jouer1.


» Lire la suite «

  1. L’enregistrement ayant été fait dans les conditions de lecture, il comporte une erreur, j’y dis « vous voilà » au lieu de « vous voient là ».. []

Passage

Vendredi 7 novembre 2014 § 0 commentaire § permalink

derrière mes pas
l'instant déjà vide
émois trébuchant
pensée vagabonde

ZAC

Mercredi 29 octobre 2014 § 1 commentaire § permalink

Ceci est le vingt-cinquième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.


Tout le monde a l’œil fixé sur les ZAD, les zones à défendre. On a même commencé à en dresser une carte, où les petits points rouges se multiplient, avec des effets géographiques surprenants comme le déplacement du plateau de Mille-Vaches dans le Nord où il anime la lutte contre la construction d’une usine laitière concentrationnaire clean. Tout cela n’est que le symptôme d’une éruption plus diffuse. Un magma brûlant déborde dans le Tarn où l’obsession aménageuse des conseillers généraux et la crispation autoritaire qui règne au sommet de l’État ont fait une victime. Mais ce magma circule dans des veines invisibles sur tout le territoire, dans nos corps mêmes. Pour une ZAD, il y a des centaines de ZAC, des zones à construire.
» Lire la suite «

Général Instin parcourt le pays Ugogo

Mardi 28 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

Une présentation Web de ma performance lors du Festival Ugogo du Général Instin est en ligne sur remue.net.

Remerciements à Patrick Chatelier pour l’organisation du festival et à Vincent Tholomé et Maja Jantar, auteurs du texte Conquête du pays Ugogo que ma performance remixe.

Vol

Lundi 27 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

archipel des monts
sur mer moutonneuse
leurs troupeaux blanchis
dans le soir qui tombe

» Lire la suite «

Entre le marteau et l’écume de Béatrix Beck

Dimanche 26 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

En ces temps bousculés, sauf impulsion de rencontre, je me suis replié dans des travaux d’écriture de plus longue haleine dont le fil conducteur est une certaine approche de la poésie phonétique. La plupart ne deviendront visibles, ou plutôt audibles, que plus tard. En attendant je m’abreuve aux écrits d’autres, et il y a de belles découvertes. L’année dernière, les éditions du Chemin de fer ont publié les poésies complètes de Béatrix Beck dont n’étaient connus qu’une quinzaine de poèmes. A l’occasion de ce qui aurait été son centenaire, ma librairie de quartier a présenté ce livre où le quartier d’ailleurs apparaît, dans le poème La main passe qui débute ainsi : « Elle était gantière passage de la Main d’or ». Quel choc ces poèmes. Une amie m’a dit une fois qu’il fallait dynamiter la langue. Enfin, elle ne l’a pas dit de façon aussi normative, c’était plutôt une explication de son propre travail. Mais si on la dynamite, c’est pour la recomposer, pour construire une autre langue qui se fait entendre par en-dessous et qui se lit par dessus. Chez Béatrix Beck, cette autre langue, explosée et recomposée paraît comme une seconde nature porteuse d’un cri qui nous déménage. Ainsi dans cet extrait de « Corps étranger1 » :

Mois cois
Moi clown con clou flou flot frit
Héros zéro
Suis un cas un cafard un capĥarnaum

» Lire la suite «

  1. Repris et étendu dans le grand poème Établissement psychiatrique paru dans la revue Lettres nouvelles en 1972. []

Ce projet d’investissement

Jeudi 16 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink



La langue de bois particulièrement aboutie d’Emmanuel Macron est un réservoir d’inspiration pour la poésie phonétique. C’est donc sans craindre les obstacles corporatistes et réglementaires que je livre ici un petit phoème directement tiré du titre et du dernier paragraphe de ce communiqué de presse.




» Lire la suite «