ZAC

Mercredi 29 octobre 2014 § 1 commentaire § permalink

Ceci est le vingt-cinquième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.


Tout le monde a l’œil fixé sur les ZAD, les zones à défendre. On a même commencé à en dresser une carte, où les petits points rouges se multiplient, avec des effets géographiques surprenants comme le déplacement du plateau de Mille-Vaches dans le Nord où il anime la lutte contre la construction d’une usine laitière concentrationnaire clean. Tout cela n’est que le symptôme d’une éruption plus diffuse. Un magma brûlant déborde dans le Tarn où l’obsession aménageuse des conseillers généraux et de la crispation autoritaire qui règne au sommet de l’État ont fait une victime. Mais ce magma circule dans des veines invisibles sur tout le territoire, dans nos corps mêmes. Pour une ZAD, il y a des centaines de ZAC, des zones à construire.
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Général Instin parcourt le pays Ugogo

Mardi 28 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

Une présentation Web de ma performance lors du Festival Ugogo du Général Instin est en ligne sur remue.net.

Remerciements à Patrick Chatelier pour l’organisation du festival et à Vincent Tholomé et Maja Jantar, auteurs du texte Conquête du pays Ugogo que ma performance remixe.

Vol

Lundi 27 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

archipel des monts
sur mer moutonneuse
leurs troupeaux blanchis
dans le soir qui tombe

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Entre le marteau et l’écume de Béatrix Beck

Dimanche 26 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

En ces temps bousculés, sauf impulsion de rencontre, je me suis replié dans des travaux d’écriture de plus longue haleine dont le fil conducteur est une certaine approche de la poésie phonétique. La plupart ne deviendront visibles, ou plutôt audibles, que plus tard. En attendant je m’abreuve aux écrits d’autres, et il y a de belles découvertes. L’année dernière, les éditions du Chemin de fer ont publié les poésies complètes de Béatrix Beck dont n’étaient connus qu’une quinzaine de poèmes. A l’occasion de ce qui aurait été son centenaire, ma librairie de quartier a présenté ce livre où le quartier d’ailleurs apparaît, dans le poème La main passe qui débute ainsi : « Elle était gantière passage de la Main d’or ». Quel choc ces poèmes. Une amie m’a dit une fois qu’il fallait dynamiter la langue. Enfin, elle ne l’a pas dit de façon aussi normative, c’était plutôt une explication de son propre travail. Mais si on la dynamite, c’est pour la recomposer, pour construire une autre langue qui se fait entendre par en-dessous et qui se lit par dessus. Chez Béatrix Beck, cette autre langue, explosée et recomposée paraît comme une seconde nature porteuse d’un cri qui nous déménage. Ainsi dans cet extrait de « Corps étranger1 » :

Mois cois
Moi clown con clou flou flot frit
Héros zéro
Suis un cas un cafard un capĥarnaum

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  1. Repris et étendu dans le grand poème Établissement psychiatrique paru dans la revue Lettres nouvelles en 1972. []

Ce projet d’investissement

Jeudi 16 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink



La langue de bois particulièrement aboutie d’Emmanuel Macron est un réservoir d’inspiration pour la poésie phonétique. C’est donc sans craindre les obstacles corporatistes et réglementaires que je livre ici un petit phoème directement tiré du titre et du dernier paragraphe de ce communiqué de presse.




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1989

Lundi 13 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

Cete année là, Suzanne Aigrain, alors âgée de 10 ans, offrit 10 poèmes et l’auteur de ce blog 17 à M. pour son anniversaire

1

  petite chataigne
déguisée en hérisson
mon festin d'automne

2

   rubans multicolores
dans les cheveux des étoiles
      aurore boréale

3

la fleur de cerise
s'envole,
petit oiseau-mouche
parmi les perroquets,
fleurs des dieux

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Sculptures

Mercredi 8 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink

vibrantes pensées
paroles si justes
où donc les sculpteurs
de leur chair manquante1 ?
  1. Rédigé après l'écoute d'un séminaire d'Antoinette Rouvroy et Bernard Stiegler sur la gouvernementalité algorithmique et comment y répondre, ce poème est un peu injuste puisque, parmi d'autres, l'IRI de Bernard Stiegler fait beaucoup pour donner chair aux idées qu'il défend, l'insatisfaction s'adressant plutôt au déficit de reprise dans la société et l'espace politique d'ensemble. []

Longue vie au roboteur

Mercredi 1 octobre 2014 § 0 commentaire § permalink



Depuis environ un an, je mûris progressivement l’écriture de poèmes utilisant diverses décompositions et recompositions phonétiques, destinés à la lecture ou la performance. J’ai décidé de les appeler des phoèmes, bien que ce terme ait été partois utilisé plutôt pour l’association photo-poème. Je publie ici le premier d’entre eux, dédié à B. à l’occasion de son 50e anniversaire. D’autres suivront.




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Effets secondaires

Lundi 29 septembre 2014 § 2 commentaires § permalink

Tu as ouvert la notice qu’il ne faut jamais regarder. Tu ne sais pas résister. C’est tellement plus sûr d’avoir un ancrage statistique pour s’inquiéter. Alors tu lis dans la rubrique Effets secondaires les plus fréquemment observés : rêves bizarres. Cela t’étonne un peu. Parce que tes rêves, ils sont déjà assez bizarres. C’est même à ça que tu reconnais que tu es en train de rêver. Mais il y a bizarre et bizarre. Tu rêves d’une femme-tronc. Un homme la porte, avec difficulté. Il la pose par terre. Elle fait une galipette un peu comme un culbuto qui oscillerait trop loin. Elle rit. Lui sourit. Ce qui est bizarre, c’est que cela te paraît tout naturel.

La nuit suivante, nouveau rêve bizarre. C’est un paysage paisible, immobile sauf le frémissement des feuilles dans le vent. Pas trace d’humain ni d’animal. Il ne se passe strictement rien. Et c’est un cauchemar absolu. Le cri s’arrête à tes lèvres, gelé comme le paysage. Rien d’étrange pourtant dans ce paysage. Est-ce une menace invisible qui pèse sur lui ? Est-ce la survie d’un monde où nous ne sommes plus ? Pourquoi te sens-tu comme un intrus dans ton propre rêve ?

Encore une nuit. Tu rêves d’un environnement ordinaire, des rues. Il ne s’y passe rien de spécial. Des passants, la vie quotidienne urbaine. Un homme allongé sur le trottoir, comme il y en a tant près de chez toi. De jeunes lycéens se disputant pour de faux à voix forcée, deux femmes attablées pour boire un café dans la fraîcheur matinale, ostentatoirement belles et heureuses. Tous ces visages sont inhabituellement nets tout de même pour un rêve, inconnus mais pourtant familiers. C’est plus tard, dans la journée, que ton rêve d’avant devient rétrospectivement bizarre. Tu les croises, tous. Tu les reconnais. Ce sont ceux de ton rêve. Toujours inconnus mais plus familiers encore. Comment ton rêve pouvait-il le prévoir ? Tu te souviens de la définition médicale de prémonitoire : « Qui apparaît avant la phase aiguë d’une maladie et en permet le diagnostic précoce1 ». Est-ce eux ou toi que la maladie menace inexorablement ? Est-ce que ton médicament sait des choses sur ton corps que tu ignores ?

  1. Dictionnaire du CNRTL. []

Mise en ligne de l’abécédaire en une page

Lundi 15 septembre 2014 § 2 commentaires § permalink

L’abécédaire amoureux étant terminé, je l’ai mis en ligne en une seule page interactive. Vous pouvez également télécharger l’abécédaire sous la forme d’une page Web autonome, consultable en l’ouvrant avec un navigateur (enregistrer la page sur votre disque dur avant de la réouvrir avec un navigateur). Il s’agit d’une maquette rudimentaire préfigurant ce que pourraient être des objets éditoriaux Web. Elle fonctionne sur tout appareil disposant d’un navigateur Web décent. Je reviendrai prochainement sur les peerspectives ouvertes par ce type d’éditorialisation et les problèmes restant à résoudre dans un article qui paraîtra sur le site de publie.net.