S

Vendredi 29 août 2014 § 0 commentaire § permalink

est-ce
un songe
le sang
battu
esprits
sans
dessous
dessus
sexes
et
corps
aux lisières
indistinctes

La conjuration des émotions

Mercredi 27 août 2014 § 0 commentaire § permalink

Ceci est le vingt-quatrième texte de la série Vacance. Ni histoire, ni prédiction, ces textes accompagnent la naissance des néotopies à la façon d’un contrepoint.


On n’avait jamais vu une grève aussi difficile à organiser. Pas de lieu de travail où en discuter. Quand on était gréviste, c’est à peine si les autres s’en rendaient compte. Tout juste détectaient-ils un étrange retrait, un défaut d’attention à l’amplification des horreurs à la une. Les premières tentatives de la conjuration1 furent des échecs complets. Pas moyen de faire boule de neige quand la neige ne se voit même pas. En plus chacun pouvait se transformer en jaune, sans même s’en rendre compte soudain on retweetait l’émotion sur commande. Ce qui a tout débloqué, c’est l’idée d’une grève du zèle ciblée. On n’attendrait plus la prochaine décapitation, le prochain lynchage, le fait divers horrible pour tenter désespérément de ne pas y prêter une attention fascinée. Ils voulaient qu’on s’émeuve ? Et bien on allait en rajouter, mais à notre façon.
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  1. On utilise ici le mot dans les deux sens identifiés par le Dictionnaire du CNRTL : un complot ourdi pour des motifs le plus suivant nuisibles et une formule pratique pour détourner des influences maléfiques. []

R

Lundi 25 août 2014 § 0 commentaire § permalink

erre
jusqu'aux
rives
moussues
du ruisseau
explore
ses
bords
où se
confondent
l'eau
et
l'air

Q

Mercredi 20 août 2014 § 0 commentaire § permalink

un quark
malicieux
un quanta
espiègle
qui
nous
débarque
quai
des étreintes
quasi
craqués
corps
en quinconce

Végétalisation

Dimanche 10 août 2014 § 3 commentaires § permalink

autoportrait végétal

Quelques heures disponibles dans la journée pour écrire. Après le jardinage à la fraîche, brûlure assez douce du soleil. Lenteur des gestes. Esprit desseché, ligneux. Dans la chambre à côté, l’accordéon tisse un air balkanique, vision d’une petite troupe sur une route, rejoignant une fête. Bruits du monde se bousculant dans ma tête. Demain, dit le clavier.

P

Samedi 9 août 2014 § 0 commentaire § permalink

la paume
glisse
sur la
peau
parée
de pénombre
les doigts
ruisselant
sur
le pubis
en quête 
de pétales
cachés

O

Mercredi 6 août 2014 § 0 commentaire § permalink

oasis
suspendu
à l'os
clavicule
à peine
une larme
de sueur
où mon
oeil
otage
devine
tout l'orbe
de ton corps

Stress en sous-sol

Jeudi 31 juillet 2014 § 2 commentaires § permalink

C’est une de ces banlieues qu’on dit résidentielles, traversée par un réseau express ferroviaire aux dysfonctionnements proverbiaux. Sortie de la gare par une passerelle courbe débouchant sur un espace qu’on a voulu urbain. Un Franprix en forme de parallépipède aplati. Autour de la place, différents types de fast foods et de supermarchés à prix cassés. En majesté, un gigantesque sushi bar. Tout cela est récent, cheap mais pas encore dégradé. Beaucoup des commerces sont fermés, pour vacances ou déjà délaissés ?

Je ne fais que passer. Les petits traits rouges sur la carte d’openstreetmap me guident vers un escalier d’abord monumental puis se dissolvant progressivement pour devenir un passage incertain, une de ces lignes de désir chères à Pierre Ménard. Un peu plus d’un kilomètre le long d’immeubles collectifs proprets, ni beaux ni laids, R+3 ou 4, pas un commerce ni un café. Pas un chat en fait en cette mi-journée de mi-été. L’hôpital privé est au bout, le long d’une route plus passante. Deux gigantesques rampes pour les handicapés d’aujourd’hui et demain. Hôpital privé citoyen, traitement et attention égale pour tous les publics, déclarent les affiches. Ce n’est pas que discours : il n’y a aucun dépassement d’honoraires. Accueil, cafeteria et couloirs suent la déprime propre à visage humain. Je ne le sais pas encore, mais je vais à l’usine, l’usine contemporaine, celle où c’est nous qui circulons dans la chaîne.
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D

Mardi 29 juillet 2014 § 0 commentaire § permalink

dés
jetés
dénudés
regards
occultés
de désir
puis dessillés
les yeux
gourmands
déchiffrent
l'instantané
chipé
de nos nudités

Mouettes

Samedi 26 juillet 2014 § 0 commentaire § permalink

mouettes criant vacarme
lecture troublée
perdue la musique
des mots dans l'esprit