1989

lundi 13 octobre 2014 § Commentaires fermés sur 1989 § permalink

Cete année là, Suzanne Aigrain, alors âgée de 10 ans, offrit 10 poèmes et l’auteur de ce blog 17 à M. pour son anniversaire

1

  petite chataigne
déguisée en hérisson
mon festin d'automne

2

   rubans multicolores
dans les cheveux des étoiles
      aurore boréale

3

la fleur de cerise
s'envole,
petit oiseau-mouche
parmi les perroquets,
fleurs des dieux

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Longue vie au roboteur

mercredi 1 octobre 2014 § Commentaires fermés sur Longue vie au roboteur § permalink



Depuis environ un an, je mûris progressivement l’écriture de poèmes utilisant diverses décompositions et recompositions phonétiques, destinés à la lecture ou la performance. J’ai décidé de les appeler des phoèmes, bien que ce terme ait été partois utilisé plutôt pour l’association photo-poème. Je publie ici le premier d’entre eux, dédié à B. à l’occasion de son 50e anniversaire. D’autres suivront.




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Souvenir inachevé de Maryse

vendredi 26 octobre 2012 § Commentaires fermés sur Souvenir inachevé de Maryse § permalink

fleur manquante au jardin de l’écrirlir / réelle trop la numérique tristesse / nous avons de ses mots / tant appris la beauté du simple / le savait-elle ? quelqu’un dit non

Alain Gautré (et chacun de nous) selon Google

jeudi 12 juillet 2012 § Commentaires fermés sur Alain Gautré (et chacun de nous) selon Google § permalink

J’aime écrire de petits textes à l’occasion de ce que les anglo-saxons appellent des fonctions et Arnold Van Gennep appelait des rites de passage : les naissances, les mariages et assimilés, et surtout pour les anniversaires divisibles par 10 ou ceux en forme de puissance de deux pour les adeptes de la numérotation bibinaire chère à Bobby Lapointe. Le problème est que malgré d’assez anciennes rencontres amicales, je ne connaissait pas vraiment Alain Gautré. J’ai donc choisi de me placer dans la situation d’un contemporain qui ne le connaîtrait pas du tout, et cela donne :

Alain Gautré selon Google

Google lui annexe l'identité de Jean-Pierre Daroussin pour une photo
Mais un autre Alain Gautré occupe la sienne sur Facebook
Le sexe tout cru, le sexe tout nu / Photos non contractuelles
Chêne pubescent du Quercy
Il est encore vert
et donne voix à l'urgence de la jeune parole
qu’il fait interpréter par des acteurs
Mais d’où lui vient cette passion saugrenue pour les musiques tzigane, juive ou arménienne ?
Soyez vigilants aux moindres détails, sublime sordidité
Désolé, nous n'avons pas actuellement d'événements disponibles dans cette rubrique

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La mortelle flèche et la tortueuse vie

vendredi 6 juillet 2012 § Commentaires fermés sur La mortelle flèche et la tortueuse vie § permalink

Texte écrit pour un moment entre amis après les obsèques de Denis Guedj.


Denis a bien du écrire quelque part sur les paradoxes de Zénon d’Elée. Vous connaissez tous les difficultés d’Achille à rejoindre la tortue, ou la flèche qui n’atteindrait parait-il jamais sa cible. A l’école, ceux qui se laissaient prendre à ces paradoxes passaient pour des imbéciles. On sait très bien que si Achille a rattrapé la moitié de son retard sur la tortue en un certain temps t, et que chacun garde la même vitesse, au bout de deux fois t, il l’aura rattrapée. C’est « vrai” même si chaque fois qu’il arrive à un point, la tortue a eu le temps de bouger un peu plus loin. On sait également que la flèche finit par atteindre sa cible même si à chaque instant où on la prend en photo avec un appareil infiniment rapide, elle est immobile.

Pourtant, les philosophes, qui sont vraiment des emmerdeurs, n’arrêtent pourtant pas de chercher noise à ces évidences. Ils font remarquer que la vraie question c’est de savoir si Achille ou la flèche vont arriver à finir une tâche décomposée en une infinité de petits pas. Même sans être particulièrement paresseux, on sait que ça va être difficile. D’ailleurs, les mathématiciens, qui ne supportent pas que les philosophes les embêtent, cherchent toujours des façons de se débarrasser de ces paradoxes qui seraient plus irréfutables que les précédentes.
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La page que lisait Jo Hopper

dimanche 1 juillet 2012 § Commentaires fermés sur La page que lisait Jo Hopper § permalink

La culture numérique suscite et coexiste avec des pratiques d’écriture organisées selon des règles d’interaction collective. Ces pratiques ne font pas forcément directement appel à l’écriture en ligne. Des amis organisent régulièrement de tels processus à l’occasion de fêtes. Dans le cas présent, chaque invité devait choisir une peinture ou un dessin dans une mosaïque d’images qui leur était envoyée. Peintures et dessins avaient en commun de représenter un personnage lisant. Il fallait alors écrire le texte de la page lue, l’ensemble des textes étant « édité » en un petit livre. Plusieurs des peintures et des dessins étaient des œuvres d’Edward Hopper. Dans d’autres contextes, les toiles de Hopper ont suscité une remarquable série de textes de Christine Jeanney. Voici un exercice différent (traduction française plus bas)1


Jo lisant - Edward Hopper - cliquer pour image agrandie

29 May 1930

My name is Thelma Cobb. I write this for the children of my children, the children of the survivors, should I say. This is not a story they should read at too young an age, and I will ask my son to give it to them only when they are 18. I am not used to write, and as this is a long story, I had to borrow a drawing pad from our new neighbour so as to write it like a book.

It started in March 1893. There was a terrible crisis in the economy. People say we are living through the worse one in the history of this country, but they don't remember 1893. Our farm was standing all alone here in South Truro, the rich Bostonians had not started to build their fancy summer houses around it. Our loneliness added to the sadness of the events.
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  1. Les Cobb étaient les voisins et amis bien réels d’Edward Hopper à Truro. Je doute qu’ils aient jamais traversé les événements ici racontés. []

Cela s’appelle l’intermittence

jeudi 28 juin 2012 § Commentaires fermés sur Cela s’appelle l’intermittence § permalink

Ecrit à l’occasion des 40 ans de la porte-parole de la coordination des intermittents d’Ile-de-France, ce texte fut lu à deux voix. Gras = première voix, graisse normale = deuxième voix, entre parenthèses = aucune.1


Etymologie : les avis sont partagés. Voyons les exemples.
Une intermittence, c’est lorsque le coeur saute un (battement) parce qu’il est trop occupé à autre chose.
Quand Sylviane était petite elle avait la mathématique intermittente. Maintenant les chiffres de l’UNEDIC n’ont plus de secret pour elle.
Quand Sylviane était petite elle était amoureuse tous les samedis, du vendeur de poulets du marché du square de Joinville.
D’après le poète Géraldy, c’est habituel : « des amoureux intermittents qui sont fous l’un de l’autre en somme de temps en temps »
Sylviane avait des parents intermittents mais fonctionnaires.
Le dimanche on allait par intermittences à la Piscine Pailleron faire la planche.
On vous le dit tout net. « Dans l’intermittence des actes se montre la persistance de l’aptitude » (Paul Ricœur, Philosophie de la volonté).
Laennec en 1819 dans son célèbre ouvrage « L’auscultation » l’avait prévu : la durée des intermittences est variable. Maintenant on la voit moins souvent, mais toujours avec le même bonheur.

[Intermède : chanson sur l’air du Tourbillon de la vie]

C’est pas tout ça, faut qu’on mange. Claude Bernard l’a dit : La nutrition n’est pas intermittente […], elle est constante. Ce qui est intermittent, c’est la digestion ».

  1. Merci au Trésor de la langue française informatisé. []

Où suis-je ?

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